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Une lueur d’espoir

Par Miriam Morales

J’ai longtemps été de celles qui n’aimaient pas Noël. Non pas que j’étais la Grinch de Noël,  mais pour moi ces temps festifs n’ont pas toujours été miroitants de gaieté.

Lorsque la première neige se pointait, je fermais les lumières de mon cœur à ces émotions de joie car pour moi, cela signifiait solitude, tristesse et angoisse. Détournant le regard, je sentais monter en moi l’angoisse de novembre et de son temps froid. Je m’emmurais dans un silence glacial, dans un monde de désarroi et non invitant.

Étant en peine d’amour avec la vie, je me sentais en décalage avec le bonheur des gens et, puisque j’étais une grande solitaire, ces fêtes intensifiaient ma solitude. Ce temps, qui pour beaucoup de gens invitait à célébrer, était pour moi un enfer blanc tissé de larmes. Mes Noël heureux d’enfance n’étaient que nostalgies et brumes dans mon cœur.

Ce n’était pas tant la farandole de cadeaux que les gens se donnaient à Noël qui me faisait mal, mais plutôt le bonheur des soupers de famille, ces rencontres chaleureuses, ses moments de joies partagées les uns avec les autres. Ces moments qui réchauffaient le coeur me taillardaient les pensées car mon coeur les désirait plus que tout. Et puisqu’en plus j’avais à mon actif des Noël passés seule, ma douleur était encore plus grande.

Mais qu’en est-il aujourd’hui?

Si j’ai fait le choix de vous partager une parcelle de mon existence, c’est que je crois que l’espoir existe et que les rêves se réalisent. Qu’il est possible de gagner sur la solitude et la tristesse. Oui, il est possible de se sortir de la dépression hivernale malgré le froid de novembre et le froid du mal être.

Il m’a fallu près de 10 ans à errer solitairement et à désirer de beaux Noël et une meilleure vie. Encore aujourd’hui, j’apprivoise ces temps hivernaux et de festivités comme on apprend à écrire. Un jour à la fois.

Pour vous donner un bel exemple de guérison, les chants de Noël ne me font plus pleurer et je m’émeus joyeusement devant les moments passés en famille. J’arrive à sourire aux premiers flocons et à ne plus détourner le regard devant ces petits joyaux blancs. J’ai le coeur à la fête et à célébrer car j’ai enfin guéri de mon mal de vivre. Ce qui m’a aidée, c’est que j’ai fait la paix avec mon passé. Notre passé n’est là que pour servir d’apprentissage, ce n’est pas la ligne directrice de notre existence et de notre futur.

Encore aujourd’hui, je pense à tout ceux et celles pour qui Noël n’est pas synonyme de fête: les gens hospitalisé, les personnes âgées seules qui ne reçoivent plus la visite de leurs êtres chers, les itinérants, les orphelins. Et tout ceux et celles qui ont le mal de vivre. Je remercie la vie car j’ai le privilège aujourd’hui d’avoir une grande famille qui m’accueille à bras ouverts. Les Noël seuls sont du passé et ne résonnent plus dans ma réalité.

En ce temps des fêtes qui arrive, je vous invite à ouvrir votre coeur à ceux et celles qui sont en peine d’amour avec la vie: offrez-leur votre sourire, un café ou même une visite afin qu’ils se sentent moins seuls. Car tous devraient avoir le droit de vivre un temps des fêtes heureux.

Par Miriam Morales de Célia les bijoux

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