collaboratrices

Liberté, je t’aime

Par Sylberte

Au cours des derniers mois, j’ai cru sombrer dans une dépression saisonnière. Je ne fais pas allusion à la température quand je dis que l’hiver a été rude. En effet, je ne sais plus lesquelles, des pages ou des nuits étaient les plus blanches. Les pleurs de bébé, l’heure des devoirs, la fatigue, tout représentait une excuse valable pour mettre l’écriture de côté.

Contrairement à son frère, le printemps m’apporte déjà d’agréables surprises. La première est un message de mon enseignante préférée au primaire. « Bonjour! Est-ce bien toi? » Elle m’a décrit la petite fille qu’elle a connue et à qui elle a enseigné en 2e et en 6e année : « polémiste, légèrement révoltée, rebelle dans l’âme pour les bonnes causes ». Un message qui m’a émue, en arrivant juste à point. Pour la première fois depuis longtemps, quelqu’un s’adressait au vrai moi. En tapant ma réponse, j’ai fondu en larmes. Je venais d’atteindre le point de non-retour. Parce qu’en écrivant « C’est bien moi », je venais de refaire le serment, devant témoin, de vivre avec authenticité.

J’ai donc pris le temps, pour la dernière fois, je l’espère, de revisiter plusieurs chapitres de ma vie. Question d’enfin tourner la page, j’ai commencé par mettre fin à ma relation étouffante. J’ai rompu avec cette partie de moi qui se complaisait dans l’anonymat. Pour ne pas trop attirer l’attention ou pire déplaire, je me suis forgé une identité aseptisée et j’ai tamisé ma lumière. À trop vouloir rentrer dans un moule, je me suis enfermée dans une cage, pour me protéger des autres, du monde et de moi-même. Même si je l’ai aménagée en zone de confort, je m’y sentais maintenant à l’étroit un peu, beaucoup, plus que d’habitude. J’ai compris qu’il est temps de déployer mes ailes. Je suis née pour voler et non pour ramper.

J’ai invité l’amour à s’installer chez moi et j’ai évincé la haine, la colère, la rancoeur, les doutes. Depuis, je me couche avec le coeur et l’esprit légers. Je me lève bercée par l’arôme enivrant du bonheur et un goût délicieux de gratitude sur mes lèvres. J’avance sans trop me soucier du prochain pas, car je sais que ma passion connait le chemin. Je garde le silence, j’observe. Je me laisse guider. Mon état d’esprit change, j’évolue et je ne m’en excuserai pas. Je refuse d’attendre que d’autres me donnent la permission d’être moi. En fait, plus je réapprends à me connaitre, plus je deviens trop paresseuse pour faire semblant. Je n’ai plus les moyens d’absorber les énergies négatives.

Je suis sur un gros high. Je recherche constamment cette sensation de bien-être qui m’apaise. Je la cherchais dans des choses extérieures alors que, depuis toujours, elle se trouve en moi. Si je semble épanouie, c’est parce que je vis l’instant présent. Disons que ma vie est parfaite depuis que j’ai arrêté de courir après la perfection. Je ne m’inquiète plus pour ce qui pourrait se trouver sur ma route. Chaque épreuve qui me fait reculer n’est pas un pas en arrière, mais plutôt une leçon qui me servira de tremplin.

Je nage dans l’euphorie. Je suis bien. Je suis en paix. Je… Je suis guérie. Liberté, je t’aime. Je te désire. Merci d’avoir patiemment attendu que je reprenne mes sens.

Auteure: Sylberte Desrosiers

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *