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La folle et l’épais

Par Isa_Belle

Il y a deux ans, je me séparais d’un homme avec qui je pensais faire ma vie.

Ça a été plus qu’une simple séparation. Tout ce que je pensais vrai dans ma vie ou presque était faux. J’avais beaucoup de reconstruction à faire.

Ma maison avait été emportée dans un ouragan. Et il me restait seulement les fondations.

Mais ces fondations, elles étaient excellentes! Alors, je me suis empressée de reconstruire ma demeure. Ce n’était pas vrai que j’étais pour être définie par cet ouragan! J’ai travaillé fort. Monter de nouveaux murs, de nouvelles divisions. Revamper un peu l’extérieur. J’étais en train de travailler à tirer les joints et à peinturer les murs, quand…

Je t’ai rencontré.

Un petit souper vite fait, juste pour voir si ça «cliquait». On est ressorti du restaurant cinq heures plus tard… Tu m’as donné un câlin. Tu m’as textée aussitôt arrivé chez-toi. J’avais déjà hâte de te revoir.

Tranquillement, on a commencé à se voir plus souvent, à se «fréquenter». Je n’osais pas trop m’ouvrir. Te montrer l’intérieur de ma maison et ses joints pas trop finis… J’avais peur que si je te racontais vraiment mon histoire, ce que j’avais vécu, tu te sauves en courant! Beaucoup l’auraient fait pour moins que ça!

J’avais peur que tu penses que j’étais folle

Parce qu’on me l’avait tellement dit, que je pensais un peu que je l’étais, tu comprends?

En prenant mon temps et en choisissant bien mes mots, je t’ouvrais certaines portes de ma maison. Je te montrais les craques dans les murs, et les défauts du plancher. Et à chaque fois que je te racontais des bribes de ma vie d’avant, tu les écoutais. Tu me disais parfois combien tu étais surpris, fâché, par la bêtise humaine que j’avais vécue. Mais tu restais.

Puis, nous sommes partis une fin de semaine, juste tous les deux. Premier «road trip»! Je commençais à avoir plus confiance. Je t’en ai raconté beaucoup, ces deux jours-là. Tu es resté à m’écouter. À «patcher» quelques trous avec tes sourires, tes blagues nounounes et tes caresses. Je commençais à réaliser qu’être avec toi, c’était juste SIMPLE. Ça me faisait tellement de bien!

Au retour, dans la voiture, je t’ai enfin avoué le questionnement qui m’habitait depuis que j’avais commencé à te montrer l’état de ma demeure: Est-ce que tu pensais que j’étais complètement folle? D’avoir enduré toute cette violence cachée. D’être restée toute ces années. D’avoir cru tous les mensonges. Et tu m’as dit un énoncé parfait sur l’amour, un des plus vrais que l’on ne m’ait jamais dits:

«Vous êtes toutes un peu folles. On est tous un peu épais. Il faut juste que le bon épais trouve sa bonne folle. Et vice-versa. C’est simple dans le fond.»

Qui aurait cru que tu étais un grand philosophe?

J’ai compris que ça ne te dérangeait pas, que je sois folle. Et que je ne l’étais vraiment pas autant que l’on me l’avait fait croire. Autant que ça ne me dérangeait pas que tu sois un peu épais toi-même. Aucune méchanceté t’habite, et c’est ce qui est important.

Doucement, sans que je ne m’en rende vraiment compte, je t’ai ouvert toutes les portes de ma maison. Tu as tout vu, même les vices cachés, et tu es encore là aujourd’hui.

J’aurais été capable de finir mes rénovations seule, c’est certain! Mais comme c’était plus agréable avec toi! Tu m’as aidé à tirer les derniers joints sur mes murs. À peinturer les pièces. Tu m’as aidé à me reconstruire. Avec toi, je l’ai fait dans le bonheur. Un bonheur simple, rempli de confiance et de respect. Et j’ai réalisé combien c’est bon d’être avec une personne qu’on aime et qui nous aime en retour.

L’ouragan qui est passé dans ma vie m’a fait comprendre la force et la résilience qui m’habitent. Les épreuves que nous vivons sont là pour que nous apprenions d’elles. Elles me font apprécier ta présence encore plus.

Aujourd’hui, j’ai encore des relents, des inquiétudes, mais de moins en moins souvent. Certains comportements sont ancrés en moi, dans mon corps, ma tête et mon coeur, et les émotions qui viennent avec me sont parfois difficiles à contrôler. Tu es toujours compréhensif. Empathique. Patient. Tu es toujours là. Même quand je pleure pour rien. Même quand les émotions sont tellement fortes que je suis incapable de parler.

Les grosses rénovations sont peut-être finies, mais il y a toujours quelque chose à arranger, dans une maison, hein?

Je pense de plus en plus que tu es MON épais. Puis maudit que c’est bon d’être folle avec toi.

Par Isa_Belle du blogue Isa_Belle blogueuse etc

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