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Face au vent…

Auteure: Jacinthe 

Après la mort physique de mon corps mais surtout de mon âme, a plus de trois reprises dans la même année, j’ai compris ceci: Le lendemain n’est ni assuré, ni garanti pour personne, nous tous, que nous soyons jeunes ou vieux. Que face au vent, il nous est plus facile de se laisser bercer et de vivre ces moments inexplicables, quand le temps ralentit et qu’il nous envoie un message, une sensation, une émotion. Dans ces rares moments, il faut reconnaître la chance que l’on a d’être conscient de ce message.

Aujourd’hui pourrait être la dernière fois que je côtoie ceux que j’aime. Alors, je n’attendrai plus! Je le ferai maintenant, car si demain n’arrivait jamais, je regretterai sûrement le jour où je n’ai pas su prendre le temps de leur sourire, de les serrer dans mes bras et de les embrasser.

Mon père insistait pour nous faire comprendre l’importance de garder ceux que nous aimons près de nous, de leur dire combien nous sommes heureux de les voir sourire, rire, de les voir heureux, de les aimer et de bien s’occuper d’eux, de prendre le temps de leur dire: « je taime », « je suis désolée », « je te demande pardon » ou simplement dire « sil te plaît », « merci » « japprécie ce que tu fais pour moi » et tous les autres mots de reconnaissance et d’amour que nous éprouvons pour eux, comment tout cela est important.

Il m’a aussi dit un jour que personne ne se souviendra de moi si je me garde de mes pensées et sentiments face aux autres. Il nous a aussi dit : Que de retenir les personnes qui souhaitent nous quitter c’est en quelque sorte se faire violence à nous-même, que nous sommes les seuls, à partir de ce moment, à nous faire souffrir. Avec le recule j’ai compris combien il avait raison… surtout après le long deuil de son décès mais encore plus plusieurs années plus tard.

Ce qui m’a amené, après ces dures épreuves dans ma vie, à me questionner : Pourquoi je garderais près de moi les personnes qui n’ont pas envie de s’investir dans cette relation que nous avons, qui n’ont pas l’élan spontané et vif de miser sur nous, notre relation, peu importe la raison et ce même si ce sont des personnes très près de nous : frères, sœurs, mère, pères et nos enfants même parfois? Car, en fait, la raison n’a que peu d’importance puisque la réponse du cœur reste la même.

Il me semble que les gens qui nous aiment n’ont pas envie d’être ailleurs que dans notre vie! Ou du moins parfois nous laissent-ils le temps de revenir après de dures épreuves de leur côté ou parfois c’est nous, afin de nous protéger tous… En ces éventualités je comprends. En tous les cas pour moi c’est ainsi. Surtout quand je crois que cette personne en vaut la peine.

À l’encontre de cela, suite à cette année difficile que j’ai eue en 2012… J’ai finalement, fait ce que mon père nous suggérait après toutes ces années… jai décidé que dorénavant je m’entourerai de gens sincères, respectueux, honnêtes, authentiques qui ne font que faire ressortir le meilleur de moi. Que je ne tournerai plus en rond dans des situations qui me rendent inconfortables. J’ai trop d’amour à donner et aimer quelqu’un qui n’a pas cette envie d’offrir ce qu’il y a de plus simple, vouloir améliorer les choses à la place des autres, souhaiter quelque chose qui ne se produira pas ça veut déjà certainement dire que cette relation est déjà peut-être biaisée, que je ne suis peut-être pas respectée suffisamment ou comme je le mérite simplement. Ou peut-être est-ce les autres, parfois, qui ne savent plus comment offrir leur cœur? Au final, l’issue de cette relation reste la même : Ne pas sentir de l’autre la force, l’envie et l’espoir suffisant pour nous aimer, nous deux ensembles significativement et demeurer présente, présent d’une part et d’autre dans ma vie.

Finalement, depuis toutes ces années, j’ai appris à lâcher prise, je ne cacherai pas que par moment c’est encore difficile, laisser aller quelqu’un ou une situation, soit par peur d’avoir mal ou par crainte d’abandonner l’autre, d’appréhender les choses. Pourtant c’est souvent le seul moyen de faire changer, avancer les choses pour moi. Ça s’apprend avec le temps quand on comprend que la vie ne doit pas être prise pour acquis et d’ailleurs ni celles et ceux qui nous entourent. Je vois aussi, avec le recule, que de lâcher prise m’a montré à avoir une ouverture à la vie et aux autres mais aussi d’apprendre à reconnaître mes limites personnelles. D’écouter mon corps, ma petite voix intérieure. C’est de décider darrêter de combattre et de vivre à la place. C’est accepter que ma vie change et que je ne suis pas indispensable aux autres et de me rendre compte aussi que les autres ne le sont pas toujours pour moi. C’est de décider d’être heureuse, positive le plus souvent possible. Et depuis que j’ai compris cela, il n’y a dans ma vie, que des belles choses qui se produisent.

Si j’écris ce texte aujourd’hui, c’est afin de transmettre cet héritage à ma fille, les paroles sages de son grand-papa, à mes deux nièces aussi que j’adore. Toute cette belle relève qu’il n’aura pas connue qui un jour ou l’autre, devront elles aussi passer au travers des moments plus ou moins difficiles, prendre des décisions, devront se relever, seront essoufflées parfois et qui sur le coup, ne comprendront pas ce que tout cela veut dire. Qu’elles sachent toutes les trois que leur grand-père était un homme de cœur, aimant et sincère. Qu’il nous aimait et les aurait aimées telles qu’elles sont, comme il l’a fait pour ma mère, ma sœur et moi. 

À vous cinq, je vous aime.

Jacinthe 

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