collaboratrices

Complexe de la mère parfaite

Avec les réseaux sociaux, prenant de plus en plus de place dans nos vies, être une bonne mère semble parfois relever du miracle.

La plupart de mes amis ont des enfants, ce qui est tout à fait normal rendu à un certain âge. C’est pour cette raison, j’imagine, que mon fil d’actualité déborde constamment des talents de « mère parfaite » de mes amies… Petit joueur de hockey de l’une, mini danseuse étoile de l’autre, futur plongeur olympique de celle-ci… et même de futurs karatekas y passe.

Outre les activités des enfants, ces mères parfaites font aussi beaucoup de sorties en famille : le zoo et les glissades d’eau l’été, le ski, la raquette et encore des glissades l’hiver, sans oublier toutes les cueillettes de fruits possibles de l’été à l’automne. Et le reste du temps? On continue d’être bercé des exploits divers, allant du beau dessin au bon bulletin scolaire, en passant par la popote en famille et tous les autres moments délicieux partagés entre eux.

Mais qu’est-ce qui me dérange dans tout ça? Pourquoi suis-je à ce point perturbée par ces images de familles parfaites? Probablement parce que je n’y crois qu’à moitié… Mais très certainement parce que, du haut de mes 5 enfants plus deux, je suis loin de cette image projetée par la société. J’en suis très loin et je n’y peux rien.

Aujourd’hui, on dirait que, pour être une famille heureuse, une mère parfaite, il faut que les enfants jouent dans une équipe de soccer l’été, de hockey l’hiver, suivent des cours de danse, de gymnastique, de natation et de piano et ce, sans compter les vacances. Là encore la mère parfaite ne peut travailler durant les congés scolaires, soit 2 mois durant l’été, 2 semaines dans le temps des Fêtes et la semaine de relâche. En fait, la mère parfaite ne travaille pas ou à temps très partiel afin d’être auprès de ses enfants.

Mais alors, qui sont ces mères qui osent envoyer leur marmaille dans les divers camps de jour qui sont, malgré tout, bien remplis? Ces mères, c’est en partie moi… Moi qui doit travailler toute l’année afin de subvenir aux besoins de ma famille et qui, quand je suis à la maison, suis souvent épuisée de mes journées et donc, incapable d’accorder le temps de qualité que j’aimerais donner aux enfants. Je suis aussi cette mère, incapable malgré elle, d’inscrire ses enfants à toutes sortes d’activités parascolaires, pour plusieurs raisons, notamment financières, mais aussi par manque de temps et de disponibilités. Car avouons-le, autant d’activités en dehors de l’école, ça prend du temps sur le peu que nous pouvons déjà partager avec nos chers trésors… et ça prend de l’argent! Car aucune de ces activités, si bénéfique soit-elle, n’est gratuite.

Aussi, comment font-elles, ces mères parfaites, pour travailler, s’occuper des enfants, leurs offrir toutes ces activités et réussir en plus à faire le ménage de la maison? J’ai de la difficulté à avoir une maison en ordre… À mes yeux c’est impossible, c’est pour ça que j’ai arrêté de vouloir être parfaite, de me ruiner pour des centaines d’activités… J’envoie mes enfants jouer dehors à la place et ils y sont tellement heureux que, depuis qu’on a emménagé ici, ils ont montré aux enfants du voisinage qu’on pouvait encore faire ça, jouer dehors.

Je suis donc une mère imparfaite mais j’avoue que, comme toutes les mères, je me fais avoir par les réseaux sociaux et j’y publie la perfection que je vois dans mes enfants…

Par Pascale Pellemans 

Pour suivre sa page professionnelle ⤵️

Maille en coeur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *